Absence                                                                                               11 octobre 2011

                                                                                                          Seoul, Coree du sud 18h

 

 

voici un texte que j'aurais dû écrire depuis longtemps afin de tenter d'expliquer mes voyages,

de tenter d'expliquer que malgré l'Amour fou que je peux porter aux gens que j'aime,

en voyage,

je ne ressens pas leur absence, et c'est ça que j'aime...

 

severine m'a une fois de plus, avant de partir, touchée pour m'expliquer ce que faisaient mes départs,

cette absence...

et c'est parce que j'ai voulu expliquer a laurence juste apres mon depart,

cette absence d'absence,

que ce texte a vu le jour

et que je continue toujours....

 

merci,

et pardon...


" On va plus loin quand on ne sait pas où on va "

(Christophe Colomb)

 

" On voyage pour changer non de lieu mais d’idées "

(Hippolyte Taine)

 

" Le tourment est dans l’amour, sa fin aussi "
Anonmyme

 

 

 

 

 

comment l’expliquer

comment le formuler,

il y a tant de sensations,

il y a si peu d’expressions,

comment ne pas blesser,

quand face a l’absence

on raconte la jouissance de l’errance ?

comment ne pas paraître décalé ?

et pourtant que je t’aime…

et commmmme d’Amour tu me remplis…

toi, ma famille et mes amis…

pourtant je partirai quand bien même...

 

 

 

d’avoir été noyé par l’amour des enfants et une fois me sentir papa,

dans les villages et près d’un lac au guatemala

 

d’avoir vu jouer des baleines et leurs petits avec notre embarcation marine,

dans les eaux cristalines de la peninsula de valdes en argentine

 

d’avoir d’une soeur d’ame écouter et goûter à ses offrandes,

à la frontière au nord de la thailande

 

d’avoir conduit un 4x4 et de n’avoir pour repère que le vent,

dans l’immensité du desert d’iran

 

d’avoir été baigné par une grand-mère de sa douceur et sa foi,

dans les bas-fonds de Managua au nicaragua

 

d’avoir traversé pendant une semaine illégalement montagnes, rivières et guets,

et se faire arrêter par la police secrète chinoise a 100 kilomètres de lhassa au tibet

 

d'avoir jouer au foot avec des enfants sous nos rires et nos cris,

dans les ruines de la plus vieille eglise de syrie

 

d’avoir touché le paradis quand le soleil se leva,

sur le pic de cette montagne au costa-rica

 

de n’avoir pu manger mon pain et mon paté ayant été invite sans arrêt,

dans les villes et sur les routes du paraguay

 

d’avoir volé avec des raies mantas et frôlé les requins baleines en plongée sous-marine,

entre les milliers d’îles de l’archipel des philippines

 

d’avoir attendu la mort sans demander son reste,

puis mi nu, plus puissant que jamais, retourner au camp de base 0 de l‘éverest

 

d’avoir vu et vécu l’esclavage,

sentir et subir ces ravages,

pleurer et rager a n’en plus pouvoir,

sur les terres de cote d’ivoire

 

d’avoir vécu en ermite dans les montagnes,

qu’une fois par semaine redescendre et s’approvisionner,

et par des chants grégoriens être hypnotisé,

dans les hauteur d’espagne

 

d’avoir à prononcer maman et papa,

commme ils le désiraient de toute leurs âmes,

à cette famille qui m’a ouvert leur bras et toit,

dans les bidons ville du vietnam

 

d’avoir senti la fougue, la puissance et le vent,

en plein galop sur la croupe luisante d’un cheval blanc,

passant de yourtes en troupeaux de chevaux sauvages, ravi,

dans les steppes immenses de mongolie

 

d’avoir commmme observateur compris, communié et protégé ces gens contre les dirigeants,

y retourner, aller en prison, et à bout de force goûter au tragique,

et dans ce pays être interdit d’y retourner pendant 5 ans,

dans les communautés indigènes du Chiapas au mexique

 

d’avoir été nez a nez avec un élan,

de retrouver mes émotions dans le son d’un piano dans une famille,

des doigts de fée d’une petite sœur de 12 ans ayant joué seule à l’opéra bastille,

dans les montagnes boisées du kazakstan

 

d’avoir dansé et chanté avec les vivants, faisant sourire les mourants,

massant leur squelettes, coupant leurs chairs, pêchant les asticots dans leurs trous béants,

et main dans la main, lire et sentir leur peur, souffrance, gratitude, délivrance jusqu’a ne plus les entendre geindre,

dans le mouroir de mère Teresa a kalighat en inde

 

d’avoir côtoyé, respecté et aimé les prostituées du monde entier,

discuté, rigolé et pleuré des nuits et des jours entiers,

les regarder parfois dormir a mes côtés, une larme a l‘œil, sans d’autres actions,

et d’avoir fait de l’une d’elles une petite amie, cruelle situation…

 

 

 

peux-tu comprendre que dans ces moments,

je ne peux être ni en france, ni ailleurs que dans l’instant ?

et que la force de ces sentiments,

si n’annule pas les miens pour toi, explique cette absence ??

 

mais si tu m’aimes suffisamment,

que tu sens l’implication de mes voyages,

alors même si pour toi ce n’est qu’un manquement,

tu souriras en m’imaginant dans mes vagabondages….

 

 

le vagabon

faire le thé, et partir

Par le vagabon - Publié dans : Récits de voyages
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